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Par : romary c
Publié : 22 octobre 2009

Les Michel Bégon, mode d’emploi

BEGON ! BEGONNAISES  !

REVEILLONS - NOUS !



Vous n’êtes pas sans savoir que de grandes festivités se préparent dans notre royaume le 24 septembre 2009.

De toutes les provinces vont accourir courtisans, nobliaux, baillis et sénéchaux pour s’esbaudir et faire acte de dévotion à sa gloire : MICHEL BEGON.

Le petit peuple, friand d’espace de libertés ne manquera pas de vous assaillir de moult questions concernant cette gloire Blésoise……

Mais au fait que savez vous de Michel Bégon ? Pourriez vous relater doctement les carrières respectives de Bégon V et de Bégon VI ??? Que nenni, n’est il pas ?

C’est pour combler cette crasse inculture, que la brillantissime équipe d’histoire géo vous a concocté – au prix d’un dur labeur – ces quelques renseignements !

Faites en bon usage !

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LES MICHEL BEGON, MODE D’EMPLOI

Attention, piège, ils sont plusieurs !! Les deux qui nous intéressent sont Michel V, le plus connu, celui qui a donné son nom au collège, et Michel VI, celui qui a « émigré » au Québec pour y être « Intendant de la Nouvelle France » et qui aura droit à une plaque à son nom dans la cour du collège. Mais en tout ils sont sept, si on ne tient compte que des aînés – il y a aussi des Michel dans les frères cadets... 
Les « Michel Bégon » appartiennent au monde de la Noblesse de Robe, tant de justice que de finance. On peut parler d’une famille de « grands commis du royaume », réputés pour être dévoués et efficaces, en particulier Michel V et Michel VI.

MICHEL V BEGON, DIT « LE GRAND BEGON », CELUI QUI A DONNE SON NOM AU COLLEGE ET AU BEGONIA…


Né à Blois le 25 décembre 1638, mort à Rochefort le 14 mars 1710 (donc sous le règne de Louis XIV).
Sa fonction principale : il a été intendant de la marine au port de Rochefort, mais a aussi passé quelques années en Amérique en tant qu’intendant des Iles du Vent, c’est-à-dire des Antilles. Surnommé « l’illustre curieux » par Charles Perrault (oui, celui des contes)…

• Sa famille, son enfance à Blois :
Son père, Michel IV, est conseiller du Roi et receveur des Tailles à Blois où il a acheté l’Hôtel d’Alluye en 1643 ; il fréquente Gaston d’Orléans qui semble l’honorer de son amitié (Gaston est le frère du Roi Louis XIII, il vit au château de Blois). Le jeune Michel V est particulièrement curieux et avide de sciences et fréquente assidûment les collections d’antiquités, de plantes et d’animaux, les médailles et la riche bibliothèque du frère du roi.

Sa cousine germaine, Marie Chéron, Mademoiselle de Ménars (petite fille de Michel Bégon III), a épousé Colbert. Cela jouera sur sa carrière… Sa sœur, Marie-Madeleine épouse Jacques de Meulle, intendant du Québec de 1682 à 1686…
Lui-même, Michel V, épouse Marie-Madeleine Druilhon, à Blois, en 1665.

Pour les curieux : « Postérité » : de ce mariage naîtront…
Son fils aîné Michel VI épouse Elisabeth de Beauharnais et devient intendant de la Nouvelle France (le Québec) – voir ci-dessous ; sa fille Catherine épouse Roland Barrin, marquis de la Gallissonière (leur fils sera administrateur général du Canada) ; son fils Michel-Scipion fût évêque de Toul ; le dernier fils, Claude-Michel, le Chevalier Bégon, a également émigré au Québec avec son frère aîné et ose s’y marier contre l’avis de sa famille avec la fille du garde magasin de Montréal, Marie-Elisabeth Rocbert, ironiquement surnommée « l’Iroquoise » par sa belle famille. Il est cependant plus tard gouverneur de Trois-Rivières, une autre province de la Nouvelle France, à partir de 1743.



▲C’est lui, Michel V, peint par Hyacinthe Rigault en version noir et blanc et à côté en version couleur par un autre....

• Sa carrière, sa vie, son oeuvre
Il est d’abord garde des Sceaux du Présidial de Blois (1662) puis Président du Tribunal ; en 1677, Colbert le nomme Trésorier de la Marine du Levant à Toulon. Il est ensuite commissaire général de Brest (1680), puis du Havre (1681), intendant des Iles du Vent (Antilles) de 1682 à 1684, puis intendant des galères de Marseille.

D’après Yvonne Bézart*, aux Antilles « Bégon parcourut ces terres extraordinaires, doublement intéressé et comme savant « curieux » et comme administrateur. Nous savons que ce grand collectionneur put satisfaire aux îles sa passion pour les produits rares et précieux et qu’il fit un catalogue de toutes les plantes qui croissent aux Antilles. Bégon s’efforça de développer toutes les cultures, d’intensifier les défrichements ».

Il correspond avec des savants et alors qu’il est intendant des Galères de Marseille, il fait entreprendre à deux botanistes, Plumier et Surian, un voyage en Amérique pour récolter des plantes. C’est le père Plumier qui rapporte une fleur grasse et charnue qui n’avait pas de nom et qui lui donne pour parrain l’intendant en l’appelant Bégonia…

En 1688 Michel V accède à sa principale fonction, qu’il occupera jusqu’à sa mort : Intendant de Rochefort (il est également intendant de la Généralité de la Rochelle à partir de 1694). Il est connu pour avoir été l’un des principaux acteurs du développement de la ville et de l’arsenal de Rochefort et y a laissé l’image d’un grand bâtisseur : orphelinats, pavage des rues – avec des pierres provenant du Canada…-, plan d’urbanisme, jardin botanique, etc. Il continue à s’y montrer « curieux », se constituant, entre autres collections, une bibliothèque de plus de 7000 volumes.

Extrait du texte de Patrick Rose (http://begonia.rochefort.fr/default.htm) : « BEGON mourra à Rochefort le 14 mars 1710, quelques années avant ce Roi qu’il avait si fidèlement servi qu’Yvonne BEZARD le qualifie de « meilleur Intendant de Louis XIV ». Ainsi, n’hésite-t-elle pas à écrire au début de son ouvrage : « Il [COLBERT] trouva en la personne de Michel Bégon l’aîné, intendant des Iles d’Amérique, puis de Rochefort, un homme d’une vaste intelligence et d’une abnégation absolue, digne de remplir les postes essentiels qui lui furent confiés. Bégon défendit les Antilles contre les difficultés économiques et contre l’anarchie. Il gouverna pendant vingt et un ans Rochefort, le grand port du Ponant d’où sortaient les bâtiments nouvellement armés que la guerre réclamait sans cesse, le ravitaillement et les troupes, qui s’en allaient vers les colonies d’Amérique. Si l’on juge Michel Bégon d’après son rôle administratif en Aunis et Saintonge, on peut le considérer, sans doute, comme le meilleur intendant de Louis XIV. Extraordinairement zélé pour le bien public, acharné au travail autant que son maître COLBERT, malgré les rebuffades et les injustes reproches, il mourut à son poste, miné par les soucis et les excès d’un labeur épuisant, comme son protecteur était mort. Son esprit ouvert lui fit comprendre que l’intérêt de l’Etat et le bonheur du peuple coïncidaient le plus souvent.[...] Cette physionomie attachante semblerait austère, si une sensibilité paternelle très vive pour l’époque et une passion furieuse pour les collections artistiques n’y ajoutaient leurs nuances de douceur et de fantaisie ».

Ciel !

Sources principales :
Rochefort, trois siècles d’histoire (CDI), Wikipédia
Yvonne Bézart a écrit en 1932 un livre sur les Bégon
Fonctionnaires maritimes et coloniaux sous Louis XIV, les Bégon,
Albin Michel, Paris, 1932, largement cité dans le site du conservatoire du Bégonia :
http://begonia.rochefort.fr/default.htm  
▼L’Hotel d’Alluye, le Bégonia ►

 

MICHEL VI BEGON, DIT BEGON DE LA PICARDIERE, L’INTENDANT DU QUEBEC, L’IMMIGRANT, CELUI DE LA PLAQUE…
Né le 21 mars 1669 à Blois et mort le 18 janvier 1847 à la Picardière (sans doute près de Blois du côté de la Pinsonnière ?). Il fut intendant de la Nouvelle France (le Québec), de 1710 à 1726, donc sous le règne de Louis XV.

• Sa famille :
On récapitule : son père, c’est donc Michel V, et sa tante Marie-Madeleine, la sœur de Michel V, lui trace la voie puisque son mari Jacques de Meulle, fut intendant du Québec de 1682 à 1686… Mais c’est certainement son mariage qui lui permet d’accéder lui-même à cette fonction : il épouse Jeanne Elisabeth de Beauharnais dont le frère, François est intendant du Québec de 1702 à 1705 et l’autre frère, Charles de la Boische de Beauharnais, reprendra la charge après notre Michel de 1726 à 1746…

• Sa carrière, sa vie, son oeuvre
En mars 1710 il accède à la fonction qui lui fait traverser l’Atlantique à son tour : intendant de la Nouvelle France. Il n’y arrive cependant qu’en 1712 pour diverses raisons, dans le contexte difficile de la Guerre de Succession d’Espagne. Il doit trouver des moyens pour relancer l’économie de la colonie, en difficulté à cause de la guerre. Il décide de favoriser la liberté de commerce dans la traite du castor : les colons peuvent devenir plus facilement « coureurs des bois »… Il favorise également la culture du chanvre et il organise le premier système postal dans la colonie (distribution du courrier et transport public). Il fait aussi construire la première véritable fortification autour de la ville de Québec ainsi que des casernes, afin d’instaurer une discipline qui était auparavant difficile à appliquer. N.B. L’intendant jouait un rôle important à Québec : il détenait la responsabilité de l’administration civile de la colonie, veillant à la justice, à l’ordre public et aux finances, ce qui en faisait la seconde figure d’autorité à Québec après le gouverneur.
Pour les curieux…
Il est nommé commissaire à la Marine en janvier 1690. En 1697, son père lui achète une commission de conseiller au parlement de Metz. En 1704, il obtient le poste d’inspecteur général de la Marine des provinces d’Aunis et de Saintonge (Rochefort et La Rochelle). Ainsi, peu à peu, il se qualifie pour un poste supérieur d’administrateur dans le ministère de la Marine. Dans le même temps il passe une licence en droit à Orléans. C’était un avocat compétent, connaissant à fond les affaires des ports et familier avec la situation des colonies nord-américaines, étant donné que Rochefort était le centre d’approvisionnement du Canada, de l’Acadie et de la Louisiane.
Notre Michel connaît quelques mésaventures avec ses résidences québécoises. En effet, un an après son arrivée, il échappe de justesse à un violent incendie qui détruit l’ancien palais des intendants – trois domestiques périssent dans les flammes. Le nouveau palais et ses impressionnantes caves voûtées est inauguré en 1720 et brûle à son tour en 1725… Il n’en reste aujourd’hui que les caves… Comme beaucoup d’autres administrateurs des colonies, Michel aurait par ailleurs profité de sa situation pour faire quelques profits commerciaux plus ou moins légaux… et a été réprimandé moult fois pour ces faits… passons…

En 1723, il est nommé intendant du Havre par le ministre de la marine, Maurepas. Il ne peut cependant quitter le Québec avant 1726 car ses deux successeurs désignés périssent à tour de rôle en mer pendant leurs voyages… En 1736 il est nommé intendant de l’Amirauté, puis en 1746, intendant des armées navales. L’une de ses dernières aventures montre qu’il possédait en partie l’esprit curieux de son père : en 1743, il accompagna l’ambassadeur de Turquie, Sayde Pacha, à Constantinople. Au cours de son séjour dans la capitale turque, il eut l’occasion, entre autres, de visiter, avec une permission spéciale, le harem du sultan... et fit compte rendu écrit de son voyage. Rappelons pour terminer que son neveu Roland-Michel Barrin de la Galissonière, fils de sa tante Catherine Bégon et d’un certain Barrin de la Galissonière, sera lui-même à partir de 1747 gouverneur général du Canada… Mais arrêtons nous là, c’est déjà assez compliqué comme ça…
Sources : Wikipédia, le Site internet du Dictionnaire biographique du Canada en ligne et le site d’une revue en ligne, Prestige d’avril 2006.

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